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Les rues de Pau

Rue du 14-Juillet à Pau : histoire, cadre de vie et immobilier

23/10/2026


Rue du 14-Juillet à Pau : histoire, cadre de vie et immobilier

Sur la rive gauche du gave de Pau, la rue du 14-Juillet relie le pont du même nom au carrefour de la Croix du Prince. Anciennement appelée rue Neuve de Jurançon, elle raconte une autre histoire de Pau : celle des passages vers les vallées, des commerces et des artisans, dans un secteur longtemps rattaché à Jurançon.

Son histoire commence bien avant son nom actuel. Pour comprendre cette rue, il faut d’abord regarder le pont qui lui a donné sa raison d’être.

Une rue née du franchissement du gave

Pendant longtemps, le gave marque la limite sud du territoire palois. Le passage vers Jurançon et Gelos repose sur des ouvrages en bois vulnérables aux crues.

La construction d’un pont de pierre entre 1733 et 1739, selon la présentation patrimoniale de la Ville de Pau, change durablement l’organisation des deux rives. Au sud, les constructions se développent le long de la route reliant Oloron à Pau. Cette voie, appelée rue Neuve de Jurançon, correspond à l’actuelle rue du 14-Juillet.

Le pont ne permet donc pas seulement de traverser le gave : il favorise la naissance d’un quartier. Le passage des personnes et des marchandises crée des besoins, autour desquels s’installent logements, boutiques et activités.

Sur l’autre rive, la place de la Monnaie, au pied du château, permet de poursuivre cette lecture de la ville basse et de ses liens avec le gave.

Le pont réaménagé : retrouver la vue sur le gave

Les transformations récentes du pont prolongent cette histoire. Dans le cadre de la requalification du quartier de la Monnaie, engagée en 2022, des garde-corps ajourés ont remplacé les anciens murets, tandis que les trottoirs ont été élargis et des aménagements cyclables créés.

Cette ouverture change la perception du passage. Depuis le trottoir, le regard peut désormais se porter plus librement vers l’eau et les berges. Le gave reprend sa place dans le paysage quotidien : on ne fait plus seulement que le franchir, on peut aussi l’observer.

Ces interventions rapprochent les deux rives dans leurs usages, avec davantage de place pour les déplacements à pied et à vélo. Elles accompagnent la transformation de la place de la Monnaie, à l’autre extrémité du pont.

De la rue Neuve de Jurançon à la rue du 14-Juillet

L’ancien nom de la rue rappelle une réalité parfois oubliée : cette partie de la rive gauche appartenait à Jurançon avant son rattachement à Pau au XIXe siècle.

Une enquête historique de l’école Léon-Say, conservée sur le site de l’académie de Bordeaux, situe ce rattachement en 1862. Elle indique également que la rue prend le nom de XIV-Juillet le 25 mai 1881.

Le choix de cette dénomination s’inscrit dans le contexte républicain de l’époque. La loi du 6 juillet 1880 vient d’instituer le 14 juillet comme fête nationale annuelle. Cette date associe le souvenir de la prise de la Bastille en 1789 à celui de la fête de la Fédération de 1790.

Les deux noms racontent ainsi deux dimensions de la rue : son lien ancien avec Jurançon et son inscription dans la mémoire républicaine.

Commerces, artisans et tramway : la mémoire d’une rue de quartier

L’enquête de l’école Léon-Say donne aussi quelques aperçus concrets de la vie locale. À partir de l’annuaire des Postes de 1907, elle relève la présence de métiers comme ceux de cocher, de ferblantier, de sabotier ou de maréchal-ferrant.

Ces activités rappellent les besoins d’une population qui se déplace encore à pied ou avec des attelages. La rue est un lieu de passage, mais aussi un endroit où l’on travaille et où l’on s’approvisionne.

Un tramway la parcourait jusqu’au carrefour de la Croix du Prince. Le même travail historique mentionne, au numéro 17 de la rue principale, une écurie accompagnée d’un quiller, un espace destiné au jeu de quilles.

Ces détails donnent une épaisseur humaine à l’histoire du quartier. Derrière les changements de circulation et d’enseignes, ils font apparaître des usages quotidiens : faire ses courses, entretenir un attelage, laver le linge ou se retrouver autour d’un jeu.

Le lavoir de la rue Amédée-Roussille : la mémoire du travail quotidien

À proximité du pont, le lavoir de la rue Amédée-Roussille mérite un détour. Il rappelle une activité essentielle avant la généralisation de l’eau courante et des machines à laver : l’entretien du linge, assuré très largement par les femmes.

La présentation patrimoniale de Pau Pyrénées Tourisme y voit un témoin des différences sociales entre les deux rives : d’un côté, la ville de villégiature fréquentée par une clientèle aisée ; de l’autre, un quartier où vivaient et travaillaient des habitants participant notamment à son entretien.

Le lieu invite ainsi à regarder autrement l’histoire de Pau. Derrière les hôtels, les villas et les promenades de la station climatique, il y avait aussi des métiers indispensables, des tâches physiques et toute une économie du quotidien.

Aujourd’hui, le lavoir est intégré aux itinéraires de découverte des berges. La Ville le choisit notamment comme point de départ de sa balade « Du Gave au Château », une boucle annoncée de cinq kilomètres. Il offre aussi un point de vue sur le château, en face, qui réunit dans un même paysage patrimoine monumental et patrimoine du travail.

Le gave : une frontière devenue lieu de promenade

Le gave est au cœur de l’histoire de cette rue. Il a longtemps marqué une séparation entre les territoires, avant que les ponts ne facilitent les échanges. Ses berges conservent aussi des traces des activités qui utilisaient l’eau et occupaient la ville basse.

Dans les environs du lavoir, les canaux et la cheminée de l’ancienne savonnerie Roussille rappellent ce passé industriel. L’itinéraire des Rives du Gave présenté par le Département permet de retrouver ces repères en cheminant vers les jardins Marsan et le pont d’Espagne.

Ce paysage se découvre aujourd’hui à pied ou à vélo. Les parcours officiels relient les berges, les passerelles et plusieurs communes de l’agglomération. Ils permettent de quitter l’axe routier pour suivre l’eau et observer la ville depuis le bas.

La promenade prend ici une dimension particulière : le château reste présent dans le paysage, tandis que les canaux, le lavoir et les anciens bâtiments racontent les usages de l’autre rive. Le gave relie ces histoires autant qu’il les sépare.

La Croix du Prince : quatre-vingts ans de rugby palois

Au sud, le carrefour de la Croix du Prince constitue un repère dans le parcours de la rue. Le stade voisin appartient à la mémoire du quartier et à celle de la Section Paloise.

Le club s’y installe en 1910 et le quitte en 1990 pour le Hameau. Pendant ces quatre-vingts années, la Croix du Prince accompagne ses trois titres de champion de France : 1928, 1946 et 1964. Ces finales sont remportées à Toulouse ou à Paris ; le stade palois est le terrain quotidien où se construit cette histoire sportive.

Une rencontre illustre particulièrement ce lien : en 1952, la Section remporte le Challenge Yves-du-Manoir à la Croix du Prince en battant Clermont-Ferrand 3 à 0. Cette fois, le trophée se gagne sur place, devant le public du stade.

Un stade de bois, au milieu du quartier

Dans son récit historique, la Ligue nationale de rugby évoque les tribunes en bois et l’attachement de François Moncla à ce terrain. Cette architecture et la présence du stade dans le tissu urbain distinguent la Croix du Prince d’un équipement implanté à l’écart des habitations.

Le rugby donne ainsi une autre dimension à la rue du 14-Juillet : elle conduit à un lieu qui a marqué plusieurs générations de joueurs et de supporters. Le départ de l’équipe première au Hameau, en octobre 1990, ouvre une nouvelle époque pour le club, tout en laissant au quartier cette mémoire sportive.

Notre-Dame du Bout-du-Pont : une église déplacée pierre par pierre

Dans les rues voisines, l’église Notre-Dame du Bout-du-Pont possède une histoire singulière. L’édifice ne se trouve pas directement sur la rue du 14-Juillet, mais il constitue un élément important du patrimoine du quartier.

Il s’agissait à l’origine de la chapelle du couvent des Ursulines, construite en 1872 à l’emplacement de l’actuel Palais des Pyrénées, près de la place Clemenceau.

Entre 1929 et 1932, la chapelle est démontée puis reconstruite pierre par pierre sur la rive gauche. Une partie du patrimoine religieux de la ville haute trouve ainsi une nouvelle place dans ce quartier.

À l’intérieur, les ateliers Mauméjean frères réalisent une partie des vitraux entre 1932 et 1939. Le décor conserve également des références au Béarn et à Notre-Dame du Bout-du-Pont, dont le nom rappelle l’ancien lien entre dévotion et franchissement du gave.

Vivre rue du 14-Juillet aujourd’hui

La rue conserve sa fonction de liaison entre Pau et les communes de la rive gauche. Elle appartient à un quartier habité, avec des commerces, des services et des équipements du quotidien. La crèche Rive Gauche est notamment installée au numéro 18.

Depuis le secteur du pont, les berges du gave offrent une autre manière de parcourir les environs. En direction de la ville haute, il faut aussi tenir compte du relief : la proximité sur un plan ne raconte pas tout du trajet à pied.

Le funiculaire de Pau, entre le secteur de la gare et le boulevard des Pyrénées, permet de mieux comprendre cette organisation entre ville basse et ville haute.

Pour choisir un logement, une visite doit permettre d’apprécier son environnement réel : circulation devant les fenêtres, orientation des pièces, bruit éventuel des activités voisines, accès et possibilités de stationnement. Un appartement donnant sur l’axe principal et un logement tourné vers une cour peuvent offrir des conditions de vie différentes à la même adresse.

Quel regard porter sur l’immobilier de la rue ?

Le nom de la rue ne suffit pas à déterminer la valeur d’un bien. L’état du bâtiment, l’étage, la lumière, les extérieurs, le stationnement et les travaux de copropriété doivent être examinés ensemble.

Dans un immeuble ancien, l’état de la toiture, des façades et des parties communes peut peser autant que la rénovation intérieure. La présence d’un commerce au rez-de-chaussée invite également à regarder son activité, ses horaires et l’isolation acoustique du logement.

Ma page consacrée au quartier du 14-Juillet et à ses particularités immobilières complète cette découverte historique. Pour replacer le secteur dans l’ensemble de la ville, vous pouvez aussi consulter ma présentation de Pau et de son marché immobilier.

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Une autre façon de lire l’histoire de Pau

La rue du 14-Juillet rappelle que Pau s’est aussi construite autour des passages, du travail et des échanges avec les communes voisines. Son ancien nom, le pont, le souvenir du tramway et la proximité de la Croix du Prince permettent de retrouver cette histoire dans un paysage quotidien.

Cet article rejoint ma série consacrée aux rues de Pau, à leur histoire et à leur cadre de vie. Une manière de découvrir la ville rue après rue, en reliant son passé aux usages d’aujourd’hui.

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À propos de l'auteur​

Laurent Sabathé – Conseiller immobilier Capifrance à Pau

J'accompagne les vendeurs et les acquéreurs à Pau et dans son agglomération.

Mon approche repose sur une connaissance précise du territoire, l'analyse du marché local et un accompagnement personnalisé à chaque étape d'un projet immobilier.

À travers mes articles consacrés aux rues, aux places, aux quartiers et au patrimoine palois, je souhaite également partager une connaissance plus large de la ville, de son histoire et des évolutions de son cadre de vie.

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Laurent SABATHÉ
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